E P I L O G U E H E U R E U X
P O U R L E S C H E V A U X
D E L ’ Î L E A U X B O E U F S !
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Grâce à la volonté farouche d’un membre de la Ligue et à la détermination d’y arriver d’un petit groupe de bénévoles décidés, trois vieux étalons type camarguais, âgés de 25 à 30 ans environ et une mule de sept à huit ans ont finalement pu être sauvés et vont pouvoir vivre le restant de leurs jours dans les meilleures conditions qui soient.
Ces animaux sont les derniers survivants d’un petit troupeau comprenant plusieurs chevaux et ânes qui avaient été abandonnés par leur propriétaire depuis plus de dix ans. Ils vivaient sur une île de 44 ha près de Rouen.
Evidemment, ils ne manquaient ni de nourriture, ni d’eau, il a suffit de voir leur stature pour se rendre compte que ce n’était pas cela qui leur faisait défaut. Mais de soins comme le parage des pieds et la râpe d’un dentiste équin, il y a longtemps qu’ils n’en avaient plus jamais entendu parler si encore même ils l’avaient su un jour.
En avril 2005, le propriétaire défaillant abandonne définitivement les animaux restants et la LFPC en hérite !
Cadeau un peu empoisonné car que faire d’eux ?
Ils sont retournés à l’état sauvage et pratiquement implaçables dans des familles d’accueil. De plus, l’île appartient à un organisme qui jusque là n’avait rien demandé mais des travaux d’envergure à venir provoquent la remise en question de l’avenir de nos 4 laissés pour compte.
Les avis vétérinaires demandés convergent tous vers la même issue : il faut les endormir définitivement.
L’ordre est donné de le faire mais, bizarrement, personne n’est pressé pour agir. Les changements intervenus à la direction de la LFPC font que le dossier est un peu oublié mais il ressort au printemps car l’échéance de restitution de leur environnement se précise : il faut rendre l’île pour le 1er septembre.
Et pendant tout ce temps là, deux personnes les suivent et leur rendent visite régulièrement plusieurs fois par semaine. A force les exilés se laissent approcher mais de là à les attraper et à leur mettre un licol il ne faut tout de même pas rêver !Un essai à une vingtaine de personnes échoue en mai : comment attraper quatre équidés valides sur 44 ha sans pouvoir les coincer quelque part ? Le problème restait entier. Jusqu’à ce qu’un juin leurs deux anges gardiens trouvent trois jeunes femmes spécialisées dans les animaux « un peu difficiles ».
Elles remuent le ban et l’arrière-ban pour trouver des familles d’accueil mais cela s’avère trop difficile en raison de l’âge et de la nature des entiers.
La mule avait, elle, quelqu’un qui l’attendait mais pour les autres, c’était une autre histoire.Finalement l’une d’entre elles était d’accord pour en prendre un, restait les deux derniers. Grâce à ses relations, la Ligue leur a trouvé un refuge dans un établissement de la région habitué à recueillir les vieux animaux dont souvent personne ne veut plus.
Mais les attraper et les véhiculer posaient des questions difficiles à résoudre : comment faire et également comment ne pas rendre cette opération trop onéreuse car la ligue n’est pas riche et doit, quelque fois, faire des choix quant aux opérations à mener.
Et à partir de ce moment a commencé la recherche de partenaires pour rendre cette opération possible :
La vétérinaire du zoo de Vincennes est contactée et accepte de venir pratiquer l’anesthésie obligatoire pour les manipuler et les emmener sur leur nouveau lieu de vie. Ses honoraires seront pris en charge par l’une des deux communes sur laquelle s’étend l’île.
L’autre municipalité mettra à notre disposition tracteur et hommes de main.
L’organisme propriétaire des lieux embauchera même un intérimaire pour aider.
Une association déjà partenaire de la LFPC prend en charge tous les produits vétérinaires utilisés et la ligue loue un camion pour transporter ces messieurs, la mule étant prise directement par son nouveau gardien, et réglera ensuite le montant des pensions des deux derniers.La structure mise en place sera retardée par une chose à laquelle personne n’avait pensé : les grandes marées, juste le week-end prévu pour l’intervention, recouvrent l’île en presque totalité, sauf un promontoire sur lequel se réfugiaient les chevaux tous les ans.
Finalement, en fonction des disponibilités de chacun, le 16 septembre tout le monde a débarqué sur l’île, FR3 en tête.
Il a fallu la journée entière pour mener à bien cette opération délicate car nous ne savions pas si les animaux résisteraient, la vétérinaire avait prévenu qu’il y avait un risque qu’ils ne se réveillent pas.
Pendant qu’ils dormaient, ils n’ont rien senti mais ils ont été visités par le pédicure, le dentiste et le coiffeur !
Enfin à 18h30 le portail de l’île se refermait sur un territoire vide : ses occupants squatters étaient partis.
Ils ont tous très bien voyagé, encore endormis, et sont arrivés à bon port chacun dans leur nouvelle villégiature, un peu étonnés et on les comprend.Leurs deux anges gardiens, Patricia et José étaient malgré tout un peu tristes mais tellement heureux de cette conclusion qui paraissait impossible il y a encore quelques semaines.
Et s’ils le pouvaient, nul doute que ces quatre sauvageons remercieraient José, Patricia, Isabelle et les autres, tout comme je le fais également.
Et maintenant, souhaitons leur une bonne fin de vie, même si elle ne sera pas très longue compte tenu de leur âge.
Anne Riboulet, Directrice Technique Nationale
26 septembre 2006