
C’est sur la base de l’alerte de la ligue de protection du cheval que gendarmerie et services vétérinaires se sont déplacés pour effectuer un constat dans un élevage entre Saulx et Lure.

La fondation Brigitte Bardot était aux côtés de la ligue de protection du cheval à l’occasion des constatations. Photo Dominique ROQUELET
Ils n’ont pas le droit d’entrer sur la parcelle où sont comptabilisés onze bovins pour vingt-cinq chevaux. Derrière la cloture, les représentants de la ligue de protection du cheval et de l’association Brigitte Bardot semblent scandalisés par les coutumes locales. «D’ordinaire, on accompagne les constatations» fulmine la représentante de la ligue du cheval qui s’est déplacée de Cote-d’Or pour épauler la représentante locale, Rachel Fontaine. C’est elle qui a alerté les services de la gendarmerie de Luxeuil sur l’état des animaux dans ce pré de 25 à 30 hectares où elle dit avoir repéré trois squelettes d’animaux. Les vivants sont pour elle, «en état d’abandon, de maltraitance par absence de nourriture et sans aucun soins». Pointant l’état de maigreur de certains des pensionnaires.
Sur place, le maire de la commune de Dambenoit-lès-Colombe, Marino Locatelli ne semble pas surpris par la venue de tout ce petit monde. «Ça fait trente ans au moins que c’est comme cela. L’éleveur a des bêtes dans trois endroits et j’ai moi-même vu un cadavre il y a deux ans».
C’est précisément ce que sont venus vérifier les services de l’Etat, en plus de l’état apparent des animaux. «Cela fait trois fois que la DSV vient (N.D.L.R: branche vétérinaire de la DDCSPP direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations) et que rien n’est fait», rue dans les brancards la ligue de protection du cheval.
Du côté de la DDCSPP, Chantale Petitot valide les observations de la LPC. «Nous sommes venus en décembre, en janvier», et jeudi après-midi. L’occasion de vérifier «la présence de deux carcasses de bovins et d’un équin qui peut être un poulain. Les décès remonteraient à 18 voire 30 mois. C’est répréhensible car il est interdit de laisser des cadavres d’animaux. Il faut faire intervenir l’équarisseur. Ça dénote un manque de surveillance du troupeau». Pour le moins.
Côté animaux vivants, les inquiétudes des services de l’Etat sont moins catastrophiques que celles des associations. «Une vache est en état de maigreur réversible et deux chevaux sont un peu maigres. Ils ont besoin de plus d’alimentation». A noter que la DDCSPP avait demandé «il y a quelques jours à l’éleveur, d’alimenter ses bêtes», précise Mme Petitot.
Pour le propriétaire, il n’y a pas de problème d’alimentation. «J’y vais tous les deux jours. Les cadavres, moi, je ne les ai pas trouvés mais j’avais alerté la DSV à l’été 2009 qu’il me manquait deux vaches. Celle qui est maigre, je vais la rentrer demain pour voir ce qu’elle a».
Quoi qu’il en soit, les procès verbaux des constatations vont être transmis qu parquet qui décidera ou non de poursuivre l’éleveur qui a déjà eu maille à partir avec la justice. Du côté des injonctions les plus immédiates, «il va lui iêtre demandé de faire enlever les ossements», assure encore Mme Petitot. Pour les associations de protection des animaux, le constat est douloureux. «Il est très dur de se battre». D’autant que Rachel Fontaine déplore la présence d’un mâle sur le site. «Ils vont continuer de se reproduire librement», craint-elle. «Si j’ai des juments, c’est pour qu’elles se reproduisent» poursuit de son côté l’éleveur.
Walérian KOSCINSKI
Reproduit avec l'aimable autorisation de Mr KOSCINSKI.